Le champ : la porte d’entrée vers le somatique et la profondeur
Il y a des moments en coaching où quelque chose de particulier se passe, sans que cela soit lié à une question particulièrement brillante ou à l’utilisation d’un outil spécifique, et pourtant la qualité de la séance est différente, plus profonde, plus fluide, plus authentique, comme si quelque chose se jouait au-delà des mots.
La plupart des coachs ont déjà fait cette expérience. Ils sentent qu’il se passe quelque chose dans l’espace entre eux et leur client, sans toujours pouvoir le nommer, ni surtout savoir comment le recréer de manière consciente.
C’est précisément cette dimension que j’aimerais aborder ici : le champ.
Une expérience que nous connaissons tous
Le champ n’est pas une notion abstraite ou réservée au coaching, car nous l’avons tous déjà ressenti dans des contextes très différents, par exemple dans certains concerts où un public entier semble porté par une même énergie, dans certains lieux où la qualité de présence est immédiatement perceptible, ou encore dans ces moments où deux personnes se comprennent presque sans avoir besoin de parler.
Dans ces situations, il y a comme une communication plus vaste que les mots, quelque chose qui circule, qui s’installe, et qui se ressent de manière très concrète.
On peut parler ici de champ énergétique : un espace relationnel dans lequel une qualité de présence particulière émerge et influence la manière dont nous nous sentons, pensons et interagissons.
Le champ dans la PNL de 3e génération
Dans la PNL de 3e génération, développée notamment par Judith DeLozier et Robert Dilts, on parle de trois formes d’intelligence : l’intelligence cognitive, l’intelligence somatique et l’intelligence du champ.
Cette troisième forme d’intelligence désigne cet espace relationnel vivant, ce champ énergétique partagé dans lequel deux personnes se rencontrent et à partir duquel quelque chose de nouveau peut émerger. Robert Dilts parle à ce sujet de COACHing Container™, c’est-à-dire du contenant que le coach crée pour permettre au processus de se déployer, tandis que Judith DeLozier insiste sur cette dimension plus large et générative dans laquelle le changement ne se joue pas uniquement à l’intérieur d’une personne, mais aussi dans la qualité du champ entre les personnes.
Dans cette approche, le champ n’est donc pas un élément secondaire, même s’il reste encore rarement utilisé de manière consciente dans la pratique.
De ressentir à créer
Beaucoup de coachs sentent ce champ énergétique et perçoivent que certaines séances “prennent” différemment, deviennent plus profondes presque naturellement, mais sentir cela ne signifie pas encore savoir le créer.
Or, il est possible de travailler consciemment avec cette dimension, et cela commence par la qualité de présence du coach, par sa capacité à se centrer, à ralentir et à créer de l’espace en lui-même avant d’inviter le client à entrer dans cette même qualité de présence.
Petit à petit, quelque chose se synchronise, comme si deux bulles énergétiques se rapprochaient jusqu’à former un espace commun, un champ partagé, et à partir de là la conversation change de nature, elle n’est plus seulement un échange d’idées mais devient une expérience relationnelle dans laquelle autre chose peut apparaître.
Un prérequis pour aller en profondeur
Dans ma pratique, ce travail sur le champ n’est pas un “plus”, mais un véritable prérequis, en particulier lorsque je souhaite aller au-delà d’une discussion cognitive.
C’est aussi une porte d’entrée essentielle vers la dimension somatique, car sans un champ énergétique suffisamment installé, le travail avec le corps reste souvent plus superficiel ou plus difficile d’accès, alors qu’avec un champ bien posé le client peut plus facilement se relier à son ressenti et à ce qui cherche à émerger.
Autrement dit, le champ prépare le terrain et crée les conditions qui permettent ensuite au somatique de prendre toute sa place.
C’est pour cela que je prends le temps de l’installer systématiquement avec mes coachés, surtout lorsque l’intention est d’aller vers un travail plus profond et plus incarné, et même lorsque je ne fais pas explicitement du somatique, cela transforme déjà la qualité de l’accompagnement.
Comment l’installer concrètement ?
Sans en faire une technique mécanique, il y a quelques repères qui peuvent guider cette mise en place, même si, en pratique, cela demande beaucoup plus de finesse qu’il n’y paraît.
Tout commence par le coach lui-même, par sa capacité à se centrer réellement, à retrouver une forme de présence, de calme et de disponibilité. Mais ce qui est plus subtil — et souvent plus difficile — c’est de pouvoir, en même temps, guider le client vers cet état, tout en restant soi-même profondément connecté à son propre ressenti.
Cela demande d’arriver à accompagner l’autre sans se perdre soi-même, et à créer progressivement une forme de synchronisation dans laquelle chacun reste centré tout en entrant dans un espace commun.
C’est précisément ce mouvement qui permet de créer ce champ énergétique partagé, dans lequel la relation prend une autre qualité.
Pour celles et ceux qui souhaitent voir plus concrètement comment cela se met en place, j’ai partagé une démonstration sur ma chaîne YouTube, dont je mettrai le lien en commentaire.
Une autre qualité de coaching
Lorsque ce champ est installé et que le coach est à la fois profondément connecté à lui-même et à l’autre, quelque chose change dans la manière d’accompagner.
Il devient possible de capter des éléments qui ne sont pas dits, de percevoir des micro-signaux, des décalages, des tensions ou au contraire des ouvertures qui ne passent pas par le langage. C’est aussi dans cet espace que l’intuition du coach devient un véritable levier, non pas comme quelque chose de vague, mais comme une forme d’information qui émerge du champ lui-même.
Les questions qui naissent alors sont souvent différentes, mais ce qui change surtout, ce sont les réponses.
En coaching, on dit souvent qu’une question est puissante lorsque la réponse surprend le coaché lui-même. Et c’est précisément ce qui devient possible lorsque ce champ est installé.
Parce que le coaché est davantage connecté à une dimension plus profonde de lui-même, ses réponses ne viennent plus uniquement du mental ou de ce qu’il sait déjà. Elles émergent d’un espace plus large, parfois inattendu, et ouvrent des perspectives auxquelles il n’aurait pas accédé de manière purement cognitive.
Ce sont ces moments-là qui créent de véritables prises de conscience, où le client se recadre lui-même, sans qu’on ait besoin de l’y amener.
Une expérience avant d’être un concept
Comme souvent en PNL, le champ se comprend peu par l’explication seule, et c’est en le vivant que l’on en mesure réellement l’impact.
Et c’est aussi pour cela que cette dimension reste encore peu utilisée consciemment : parce qu’elle ne s’apprend pas uniquement dans les livres, mais dans l’expérience.
Je propose des ateliers en ligne pour celles et ceux qui souhaitent les explorer plus concrètement.
Dans ces espaces, en particulier autour des niveaux logiques et de la PNL somatique, le champ devient une expérience vécue, à travers des démonstrations et des mises en pratique.
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